Jeudi 28 septembre 2006
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Je suis décidé, après de mûres réflexions, je soutiendrai Laurent Fabius, je resterai finalement sur ma première idée. Il correspond à mes idées de gauche, ne parle pas de consommateurs mais de citoyens et cela me plait. Je ne suis pas un consommateur, je suis un citoyen. Ses idées sociales me plaisent, j'entrerai dans son comité de soutien. Comme je l'ai dit lors de ma présentation je veux une gauche qui soit enfin à gauche, je ne veux pas être au centre ni à droite de la gauche, je veux être à gauche de la gauche. Ses idées sur la laïcité me séduisent, je me bats depuis mon entrée dans la vie professionnelle pour la laïcité, pour une école laïque et publique. Et même si mon frère me dit avoir aucune confiance au personnage, ses arguments ne m'ont pas convaincus et je resterai donc sur ma position originelle. Les autres candidats n'apportent que trop peu de réponses à mes questions, trop économistes pour certains (je le répète je suis un citoyen avant tout pas un consommateur, quand on parle de ma personne en tant que consommateur ça me choque un peu, et c'est hélas le discours de beaucoup d'hommes politiques, seul Fabius parle de citoyens). C'est vrai l'homme me plaisait déjà lorsqu'il était premier ministre. Quelques éléments biographiques Au lendemain des élections législatives de 1988, j’ai été président de l’Assemblée nationale jusqu’en 1992, fonction que j’ai de nouveau occupée entre 1997 et 2000. L’Hôtel de Lassay, où se trouve la présidence, est un poste d’observation de la vie démocratique sans pareil. J’y ai conforté une conviction déjà acquise lorsque j’étais entré au Palais Bourbon : rééquilibrer le pouvoir législatif par rapport à l’exécutif est indispensable à la vie démocratique. Le Parlement doit jouer son rôle d’élaboration des lois, bien sûr, mais aussi être un pôle de contrôle et d’initiative. C’est pourquoi j’ai décidé alors de créer, notamment, la Mission d’Evaluation et de Contrôle, destinée à évaluer et contrôler l’exécution des budgets élaborés par le gouvernement. Je suis heureux d’avoir pu, comme ministre de l’Economie et des Finances, transformer l’essai en construisant avec le Parlement et en faisant voter la réforme de l’ordonnance organique de 1959 qui a réformé en profondeur notre constitution financière et accru le pouvoir de contrôle de l’Assemblée nationale et du Sénat, c’est-à-dire des représentants du peuple. Ce n’est qu’un début. Pour reformer l’Etat, beaucoup d’avancées restent à accomplir - et à conquérir. Notre République aurait beaucoup à y gagner. De 1989 à 1992, j’ai été député européen. J’ai toujours eu la conviction que l’Europe doit être l’horizon de notre action. La démocratie européenne doit être approfondie et rénovée. J’ai été ensuite président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale en 1995, jusqu’en 1997. C’est un rôle de combat lorsque l’on est dans l’opposition. C’est un rôle important dans la vie démocratique. Il faut à la fois critiquer et construire, mobiliser les troupes, surtout quand une même formation détient tous les pouvoirs. L’opposition parlementaire peut jouer un rôle majeur dans la vie de nos institutions. En 1997, après la dissolution de l’Assemblée par le Président, la gauche est revenue au pouvoir et j’ai pu reprendre la présidence de l’Assemblée. En 2000, je suis devenu ministre de l’Économie et des Finances dans le gouvernement de Lionel Jospin. Comme ministre, je me suis efforcé de concilier efficacité économique et justice sociale, avec la conviction que pour être généreuse la société doit être dynamique. Durant les années 1980, j’avais été, avec d’autres, l’un de ces trentenaires à qui le Président donnait sa confiance et la mission de changer la société. J’y ai appris très tôt le goût du travail en équipe, la décision et le poids des responsabilités, les blessures du pouvoir. J’ai appris aussi à conserver mon idéal mais peut être à moins idéaliser la politique tout en gardant foi dans l’action publique. En 1995 je suis revenu sur ce parcours et ce qu’il m’a appris dans Les Blessures de la vérité. Depuis 2002, je suis à nouveau député de Seine Maritime. Jusqu’en 2005, j’ai été également « numéro 2 » du Parti socialiste, en charge des « élus et des territoires », domaine essentiel pour l’homme de terrain que je suis devenu. J’ai tenu à m’occuper des élus, car je considère qu’ils sont le cour battant de notre social-démocratie. Après les élections de 2004, j’ai eu la joie de voir le nombre de mes ressortissants augmenter fortement ! Il faut espérer que ce printemps de la gauche en annonce d’autres. Comme les élections municipales de 1977, au début de mon engagement, ont rendu possible le 10 mai 1981. Aujourd’hui, j’ai une certitude : c’est à la gauche de faire renaître l’espoir. La droite gouverne depuis 2002 et elle a montré son incapacité à remettre la France en marche. Les Français réclament à la fois plus de progrès et de protection. Si nous voulons être à la hauteur de cette tâche, nous devons nous fixer un objectif prioritaire : répondre à la désespérance de la France qui souffre. Cela réclame un PS volontariste, un PS au coeur de la gauche. C’est le sens de mon engagement aujourd’hui. En prenant, comme tous les socialistes, une part active à la réflexion sur le projet. Et aussi, en me prononçant pour une Europe conforme à nos espérances et à nos exigences : une Europe plus sociale et plus puissante, qui puisse réellement peser dans la mondialisation.
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