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journal intime

Lundi 28 août 2006 1 28 /08 /2006 21:41
Longtemps, je me suis couché de bonne heure (M. Proust). Comme ça doit-être agréable de commencer un livre par une phrase devenue universellement connue. Trop fort ce Marcel ! Comme sur le neuf je n'arrivais pas à créer un blog (puisque c'est à la mode maintenant et pour ne pas rester un vieux con de 40 ans aux cheveux grisonnant) je suis passé par un autre biais. Certes, j'ai voulu faire comme mes amis LM et Mag., surtout influencé par ce premier, et pourquoi pas, il faut bien un début à tout et s'il est à l'origine de cela, tant mieux, j'en suis ravi. Pour l'assumer, ne vaudrait-il pas mieux penser que c'est beau d'aimer et d'être aimé. Même les situations les plus rocambolesques n'enlèvent rien au charme de l'amour. Les Grecs le savaient. Dès la naissance d'Aphrodite, la déesse de l'amour, les dieux commencèrent à se disputer ; l'amour engendra la haine, n'est-ce pas paradoxale ? Malgré les difficultés, malgré la souffrance, qu'il est beau et bon d'aimer ! Les amours peuvent-elles être simples ? Même quand elles le pourraient, nous les compliquerions. Au moment même où Aphrodite naît de l'écume marine, naissent les difficultés. Les relations amoureuses n'ont sans doute jamais été simples dans l'histoire de l'humanité : les Grecs avaient créé leur théogonie en la calquant sur leur quotidien ; aucune relation amoureuse n'est classique. Zeus n'hésita pas à se transformer en tout et n'importe quoi pour parvenir à tromper Héra. Il prit la forme d'un taureau, d'un cygne et d'une pluie d'or. L'amour ne nous transforme-t-elle pas ? Quand on aime, on est prêt à tout.
Par bruno - Publié dans : journal intime
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Mardi 29 août 2006 2 29 /08 /2006 14:02

Comme il m'était difficile de tomber dans les bras de Morphée (et pourtant c'est un homme), j'avais pris une de ces pillules qui vous font dormir. Il me fallait bien ça pour dormir après la discussion avec L. Le but de la journée : éviter de penser, de réfléchir, laisser peu de temps à mon cerveau de se mettre en route. Donc je me suis levé au dernier moment, juste le temps de préparer le repas pour recevoir mon amie Mélanie (ratatouille, côte de veau et tarte aux abricots et pommes). Mais maintenant, elle est partie pour son job, pourtant elle avait envie de prolonger notre discussion. La conclusion : ne pas se prendre la tête, continuer et attendre, être bien dans sa peau, profiter des bons moments. C'est déjà assez compliqué comme ça, ne compliquons pas plus les relations. Seul, désormais, je pense à lui, il envahi mon corps, je pense déjà à le retrouver, le revoir. Quoi qu'on en dise, quoi qu'on en souffre, c'est beau l'amour. Et c'est seul beauté que je veux retenir.

Par bruno - Publié dans : journal intime
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Mardi 29 août 2006 2 29 /08 /2006 19:12
Ses rythmes endiablés et chauds m' aident à supporter les affres de la vie. La Salsa me réchauffe le cœur. Aussi me plonge-t-elle dans les âbimes de la nostalgie. Alors je revis les merveilleux moments que j'ai passés. Des nuits inoubliables, je croyais qu'il m'était plus permis d'en vivre de telles. A 00h59 suite à une conversation je vais me coucher heureux, mais j'aurai besoin de la chimie pharmaceutique quand même. Le noir et le calme me font plonger dans un océan de questions souvent insolubles ; au moins ont-elles le mérite d'être soulevées. Donc, si je veux dormir je devrai passer par là.
Par bruno - Publié dans : journal intime
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Jeudi 31 août 2006 4 31 /08 /2006 22:28

Je n'ai rien écrit hier, car j'étais trop fatigué et surtout je n'en ai pas trouvé le temps. Ou alors mes pensées étaient ailleurs pour pouvoir m'adonner pleinement à cet exercice. Il me transperce encore les yeux qu'il a laissé dans la nuit je l'aime

 Ses yeux ne sont ni bleus, ni blonds, ni noisettes, ni verts mais marron, d'un marron foncé relevé de deux traits noirs. Je n'avais jamais vu à quel point les yeux marrons étaient fascinants, captivants à si perdre, charmants à s'y noyer. Et je m'y noie frivolement, allègrement. Bien que je nage plutôt bien, je me noie, je me laisse couler, je sombre dans ce noir regard, je prends du plaisir à me mouvoir dans ces eaux troubles où j'y vois pourtant clair au fond de moi, dire que c'est complètement noir serait abuser.

Et ce regard hante mes nuits, habille les murs, je le cherche, je voudrais l'attraper, le fixer, mais il n'est pas là, et pendant ce temps je m'affole, je serre mes mains, je tends mes bras, je le veux ; saura-t-il m'attendre ? Aura-t-il la patience de m'attendre ? Ce regard ne se posera-t-il pas sur d'autres ? Ce regard ne séduira-t-il pas d'autres comme il me charma il y a quelques temps ? Saura-t-on lui dire à quel point son regard est envoûtant ?

Demain, je reprends le chemin de l'école. Je vais tout d'abord retrouver ma classe, son tableau noir, son odeur de craie (on se croirait au temps de Jules Ferry), et surtout profiter du calme. Imaginez, une classe sans bruit, une classe où résonne le dernier album de Charlotte Gainsbourg (j'ai le droit, il n'y aura pas d'élèves). Les réunions vont s'enchaîner : pour établir les emplois du temps, avec le réseau d'aides pour les enfants en difficulté, avec le réseau d'école pour les différents projets (lecture/écriture)... et il va falloir organiser sa classe pour gérer au mieux un double niveau CE1/CM1, ce n'est pas commun, certes cela mettra un peu de piments dans ma vie professionnelle (du piment dans ma vie je n'en ai pas besoin, j'ai ce qu'il me faut en ce moment). Je râle; mais je crois que j'aime finalement mon métier, aider des enfants à réussir, à devenir autonome, à acquérir une culture générale (les pauvres ils se fadent la mythologie grecque en long, en large et en travers, j'adore ça, j'adore l'histoire des dieux, les rivalités et surtout leurs amours).

Mais, j'ai un retour, puisque l'an dernier tous les enfants recherchaient à la bibliothèque des livres sur la mythologie grecque. N'est-ce pas fantastique de reconnaître un dieu ? Reconnaître Zeus grâce à sa foudre ou Déméter à son épis de blé ou encore Hermès à ses sandales ailées ou au caducée. J'ai réservé cet après-midi, le dernier avant ma reprise, à Mélanie. Sur un fond de soleil d'automne, nous avons fait les boutiques, dépensé (comment faire autrement avec moi, depuis que je sais que seul les linceuls n'ont pas de poches, que je vais avoir quarante ans, enfin tous les prétextes sont bons pour vider sa bourse).

Nous avons terminé sur une terrasse devant une boisson fraîche. Au retour nous avons pris tous les deux l'apéro : biere, naturellement, nous sommes dans l'Est quand même. Un petit apéro qui effacera, hélas, les deux heures de roller et la demi-heure d'abdominaux. Je suis maigre, certes, mais par définition je n'ai pas un poil de graisse. Alors que tout le monde vous parle de régime pour perdre quinze kilogrammes ou quinze jours, moi, je me pèse tous les matins et suis heureux d'avoir pris un kilogramme ou 300 grammes comme ce matin. Je voudrais bien arriver à soixante mais pas plus, mon poids idéal. Si vous observez la mode n'est-elle pas aux maigres : tous les pantalons taille basse, pour qui sont-ils coupés ? tous les tee-shirts, pour qui sont-il fabriqués ? etc... Si vous voulez mettre un tee-shirt près du corps mieux vaut ne pas avoir un centimètre de bourrelet ni sur les côtés, ni sur le devant.

Enfin, toutes ses considérations n'ont aucune importance, et d'ailleurs je m'en fiche. Mais je me passe le temps en attendant d'appeler mon numéro favorit !

Haiku

Pour celui qui part pour celui qui reste

deux automnes

Yosa Buson

Du violet des nuages

au mauve des iris

ma pensée va sans cesse

Chiyo-ni

Par bruno - Publié dans : journal intime
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Vendredi 1 septembre 2006 5 01 /09 /2006 23:01

Ma première journée d'école, enfin ma pré-rentrée. J'étais en retard, ça commence bien, mais je voulais passer du temps au téléphone avec L. j'en avais trop envie, pourtant j'étais levé depuis 6h00 du matin. N'ayant pas dormi, j'était très excité, et je savais que mes collègues allaient souffrir avec moi aujourd'hui. Mais Maryline, ma collègue complice, m'a bien soutenu, et nous avons déliré toute la journée, surtout sur le menton piquant, mal rasé, de notre collègue de maternelle. Il faut bien rire, si j'ai du poil dans les oreilles, elle a le menton barbu, mal rasé et ses sourcils se rejoignent, enfin elle nous rase surtout à vouloir faire des réunions, qui ne servent à rien, où on ne dit rien, si toutes les années la même chose, car nous avons chaque année petit Pierre qui est turbulent, Alfred qui fait son possible mais son milieu social est un sérieux frein, Günter qui faudrait passer au CE1 car il sait déjà lire, Léa qui est timide mais la psychologue travaille avec elle afin qu'elle s'épanouIsse, ... toujours les mêmes refrains. Donc, d'habitude j'écoute , mais au bout de treize années d'enseignement, je connais la chanson, et n'ayant pas dormi mon cerveau n'avait pas fait sa rentrée. Heureusement, Maryline me suivait, deux enfants dans une cour d'école. Comment me concentrer quand je manquais de sommeil, quand des paroles douces, agréables à lire et à entendre résonnaient dans ma tête. Je me voyais prendre un avion pour Berlin, j'en rêve depuis des années... Quel travail d'artiste : mon chirurgien dentiste est un artiste. Cet été il m'avait dit qu'il me ferait disparaître la petite tâche noire entre mes deux incisives. C'est fait ; il ne s'agissait pas d'une carie, mais d'une usure, à mon âge les dents s'usent. Oui, mais je grince des dents, dont sur le bord intérieur elles étaient transparentes, et ce magicien des dents m'a reconstitué mon sourire, de plus il les a limées afin qu'elles soient identiques.

Par bruno - Publié dans : journal intime
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Samedi 2 septembre 2006 6 02 /09 /2006 17:53

Après mon premier jour d'école il fallait bien que je m'en remette, donc du Crémant, des amis, et la soirée se termina bien. Le Crémant pour l'alcool, les amis pour m'éviter de sombrer et il me manquait... Ce soir une raclette à la maison est prévue, le champagne est au frais (c'est samedi, donc pas de crémant), la charcuterie est tranchée (si tu étais là tu te régalerais). Avant de revevoir mes convives, Mélanie et Claude, je vais me prendre un bon bain, j'ai tout acheté pour retrouver les odeurs : Axe vert (pour changer), savon liquide mains Palmolive. Je crois que je suis fou, c'est comme ça. Un petit message s'est glissé subrepticement sur ma messagerie pendant mon sommeil, car je dormais encore à 11h45, a priori il était parti la veille, pourtant l'Allemangne ce n'est pas si loin ! La frontière n'est même pas à une heure d'ici, mais Berlin... Le sujet de conversation de la soirée était la différence d'âge dans un couple : j'ai appris que j'étais vieux, à quarante ans, enfin 39 ans et quelques mois (beaucoup de mois). sait-il à quel point je l'aime ? sait-il à quel point je suis fou de lui ? sait-il que je suis heureux de lire ses messages , sait-il à quel point je pense à lui ? sait-il que je ne joue pas ? sait-il que je voudrais aussi le tenir dans mes bras ? sait-il que je voudrais être auprès de lui ? sait-il que je voudrais partir avec lui en vacances ? sait-il que je suis sincère ? sait-il que je veux vivre avec lui ? sait-il que je veux partager ma vie avec lui ? sait-il que je suis malheureux loin de lui ? sait-il qu'il me manque ? sait-il que même l'alcool ne peut m'empêcher de penser à lui ? sait-il que je serais bien allé avec lui à Berlin ? sait-il que j'ai quarante ans ? sait-il, sait-il, sait-il, sait-il ?

Par bruno - Publié dans : journal intime
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Lundi 4 septembre 2006 1 04 /09 /2006 23:48

Demain, j'attaque le deuxième jour. La rentrée ne me fait pas peur, je n'ai connu que ça ! Un peu déstabilisé je ne peux écrire davantage. Quelques lignes, un mot et vous êtes au bord du précipice, on vous tend la main, vous faites un bout de chemin, la main se rétracte et vous vous retrouvez au bord du précipice, la main se reprend et vous poursuivez, soudain, elle hésite à nouveau après vous avoir serré très fort. Mais je continue, je me maîtrise, j'ai confiance en cette main. Dites moi que je n'ai pas tort ?

Par bruno - Publié dans : journal intime
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Mardi 5 septembre 2006 2 05 /09 /2006 21:12

Je suis heureux, la réponse que j'attendais est arrivée. Si j'ose écrire : j'ai demandé sa main, il a accepté. Je déborde d'énergie. Deux heures de roller ne suffisent en aucun cas à m'exténuer. Cette énergie, c'est à vous que je la dois. Demain, c'est je jour des enfants, donc je ne travaille pas. J'ai prévu à nouveau deux heures de roller, et l'après-midi, j'irai nager à la piscine. Le soir j'ai une réunion au PS, à la Maison du peuple, à 18h30 , pour me présenter. Du courage, je vais y arriver !

Par bruno - Publié dans : journal intime
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Mercredi 6 septembre 2006 3 06 /09 /2006 22:47

Je déborde d'énergie ! Deux heures de roller, trente-cinq minutes de piscine et je n'ai toujours pas envie de dormir. Mais ce n'est pas grave, je suis zen, je prends les choses comme elles viennent, je suis confiant. J'avais ce soir ma réunion de présentation au PS. Heureusement que je ne me reproduirai pas : la génération de ma grand-mère sont communistes, mes parents sont socialistes, mais bien à gauche, moi je suis socialiste, si j'avais des enfants j'aurais peur qu'ils deviennent centristes ! Donc je ne me reproduirai pas, et notre famille restera à gauche.

Par bruno - Publié dans : journal intime
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Jeudi 7 septembre 2006 4 07 /09 /2006 21:23

Un petit tour chez le coiffeur, et le moral revient. Super mon coiffeur ! Il ne parle pas, respecte mon silence ! Il n'évoque ni la pluie, ni le beau temps, ni la reprise du mois de septembre, il coupe, il rase, demande juste si c'est assez court, ça me suffit ! Je reste souriant, car lui l'est. Dix minutes et c'est terminé. Je ne supporte pas les coiffeurs qui se sentent obligés de parler à leur client, les silences en disent souvent davantage que de longs discours. Puis un rapide coup de téléphone à mon amour, quand il m'a dit "oui, mon p'tit Bruno !" j'ai fondu littéralement. Le sait-il ? Enfin, deux heures de roller pour me dépenser et m'éviter de trop penser, mais mon cerveau reste en connexion et semble ne plus commander mon bassin qui déambule par habitude maintenant. Je gagne chaque jour quelques minutes sur mon parcours, il faut que je fasse attention car la chute est toujours possible ; gagner de la vitesse vous donne un sentiment de liberté.

Par bruno - Publié dans : journal intime
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